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5 oct. 2014

Will & Will

Will & Will
John Green et David Levithan
nombre de pages : 384
difficulté de lecture : 2.5/3













résumé


Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l'exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais... pas du tout son type. De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à voir avec le premier !), se sent plus mort que vivant.


mon avis


Quand j’ai trouvé le remplaçant de MegaUpload
Ça y est. Je l'ai fait.
Je crois que j'attendais depuis une éternité que Gallimard Jeunesse réédite ce bijou. Je les remercie du fond du cœur de l'avoir fait.


Parce que John Green est un écrivain et un homme formidable, et que David Levithan a une sensibilité proche de la mienne. Parce que deux de mes auteurs favori sont réunis pour explorer un thème qui me tient à cœur.

Parce que Will et Will est devenu l'un de mes romans préférés de toute la vie.

Parfois, vous avez besoin que votre meilleur ami franchisse la porte. Sauf qu'il ne le fait pas. 


L'HISTOIRE

Les premières pages et l'écriture de John Green m'ont immédiatement happée....et je ne l'ai plus lâché. Will et Will est un roman magnifiquement touchant, excentrique et poétique. Empreint d'une grande justesse, parfois dur, il reste réaliste et atypique.
L'humour est très présent (que ce soit chez John Green ou David Levithan), et m'a valut de vrais éclats de rire, voir des fous-rire.

 C'est le camembert qui dit au roquefort : "Tu pues".

(oui j'ai le rire facile)
Il n’empêche que la gravité des émotions est rendue avec authenticité.
La partie plus "déprimante" fournie par Will Grayson n°2 peut en décourager plus d'un, mais je peux vous dire qu'elle ennuie (ou fascine, dans mon cas) car elle est juste. Les sentiments sont d'un réalisme fracassant. N'oubliez pas que sans obscurité, la lumière n'existerait pas et sachez apprécier ces deux facettes de la vie. Si vous cherchez un roman sans histoires et qui redonne le sourire, Will&Will n'est pas forcément un bon choix.
Si vous voulez ouvrir votre esprit et votre cœur, c'est le livre qu'il vous faut.

Bien que ce soit l'un des rare roman de John Green avec un dénouement peu "traumatisant", les larmes sont venues d'elles-mêmes.
(...j'ai les larmes faciles aussi)
En effet, je trouve dans les personnages et leurs liens un écho personnel et je n'ai pas pu m’empêcher de vivre chaque phrase. Je n'avais pas assez de post-it pour épingler l'ensemble des belles citations.

Il y a une véritable ambiance, un rythme que l'on retrouve dans les plumes : autant Will Grayson n°1 nous immerge totalement dans ses pensées, parfois loufoques, autant Will Grayson n°2 est difficile à cerner (la ponctuation est quasi-inexistante quand vient son tour pour la narration).
Une réussite sous la forme de tranches de vie et d'idéaux.


LES PERSONNAGES

Will Grayson et Will Grayson sont deux garçons formidables et très distincts. Leur point commun réside peut être dans leur approche un peu maladroite de l'amour.
Je pense que c'est là le point commun de tous les personnages, en fait.
Il m'ont plu tout autant.
Tiny Cooper présente surement une facette assez...frivole de l'homosexualité mais on lui pardonne aisément. Comme Will, on fnit par l'apprécier tel qu'il est, avec ses défauts.
Jane n'est pas transcendante, ni le reste des personnages secondaires.
Un bémol donc, car on a énormément de mal à s'identifier à l'un d'entre-eux. Leur relief est visible mais inaccessible.


CONCLUSION

Un roman qui m'a fait retombé amoureuse de l'humour, de la plume et de la philosophie de John Green; de l'intelligence et la perception crue de David Levithan. Un grand écho personnel pour des histoires universelles.
Will et Will nous invitent à penser différemment notre monde et notre approche d'autrui.
L'intrigue ne manque ni d'action ni de surprises. On sent l'investissement des auteurs et on ne peut qu'apprécier la qualité de leur travail.
Envoûtant, vif, c'est un roman qui restera longtemps dans ma mémoire.

Parce que Will et Will est devenu l'un de mes romans préférés de toute la vie.

Ne le lisez pas si l'envie ne vous vient pas spontanément. Mais si le sujet vous touche, d'une manière ou d'une autre, si John Green vous manque, si vous voulez savoir ce qu'est réellement la dépression ou le détachement, si vous voulez être ému devant l'amitié sincère, vous ne pouvez pas passer à côté.



Je vous propose de lire les premières lignes du roman, en espérant que cet extrait finisse définitivement de vous convaincre ;)

     Quand j'étais petit, mon père me disait toujours : «Dans la vie, Will, on peut choisir ses amis, on peut se moucher devant ses amis, mais on ne peut jamais moucher ses amis.» Observation qui me semblait fort pertinente du haut de mes huit ans, mais qui s'est révélée fausse par bien des aspects. Pour commencer, personne ne choisit vraiment ses amis, sans quoi je n'aurais jamais atterri avec Tiny Cooper.

Tiny Cooper n'est certes pas le mec le plus homo de la terre, pas plus qu'il n'est le mec le plus corpulent de la terre, mais il est sans conteste le mec le plus corpulent de la terre à être vraiment très, très homo et le mec le plus homo de la terre à être vraiment très, très corpulent. C'est mon meilleur ami depuis le CM2, à l'exception du dernier semestre - au cours duquel il s'est entièrement dédié à l'exploration de son homoïtude et moi, pour la toute première fois, à la découverte de la vie au sein d'un Groupe d'Amis genre plus-potes-tu-meurs qui a fini par ne plus m'adresser la parole à la suite des deux crimes mineurs que voici :


1. Quand un délégué scolaire a protesté contre la présence de gays dans les vestiaires et que j'ai pris la défense de Tiny Cooper pour faire valoir son droit à être à la fois gigantesque (ce qui fait de lui le meilleur défenseur de notre misérable équipe de foot américain) et gay dans une lettre adressée au journal du lycée, et que j'ai eu la bêtise de signer.


2. Quand un certain Oint, membre du Groupe d'Amis, a évoqué cette lettre au déjeuner et m'a traité de chochotteux, terme dont j'ignorais le sens et que je lui ai demandé de m'expliquer, si bien qu'il m'a traité de chochotteux une seconde fois, après quoi je lui ai rétorqué d'aller se faire foutre avant de prendre mon plateau et de m'en aller.


Techniquement, j'imagine que je me suis donc exclu moi-même du Groupe d'Amis, même si j'ai plutôt le sentiment de m'en être fait virer. Pour être honnête, aucun de ces types ne semblait vraiment m'apprécier. Mais je faisais partie de leur bande et ça, pour moi, c'était quelque chose. Désormais, je fais à nouveau cavalier seul.


Sauf si on compte Tiny Cooper. Ce que je suis bien obligé de faire, grosso modo.


9 commentaires :

  1. Tu me donnes envie de le commander et de le lire sur le vif !
    Merci (ou pas^^) pour cet article très ... persuasif !

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  2. Ce livre est déjà dans ma wish-list, mais avec ton avis juste magnifiquement écrit et complètement enthousiaste, je crois qu'il faut que je l'y sorte vite ! ^^

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  3. JE LE VEUX ! *-* J'aime beaucoup John Green mais je n'ai pas encore lu celui là !! Pourtant j'en meurs d'envie.

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  4. Ce livre me faisait déjà très envie, mais là tu m'achève : je dois le lire ! :D

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  5. Faut vraiment que je lise Nos étoiles contraires =D

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  6. C'est drôle, j'ai détesté ce roman moi... Je l'ai trouvé décevant et ennuyeux à mourir... Je suis contente qu'il ait autant plût à d'autres ^^

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